Fin de l’utopie du café gratuit à la pause

« Affaire Nespresso » : L’expert-comptable blâmé

En fin de semaine dernière, la commission de discipline du CSOEC (Ndlr : Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables) se réunissait afin de délibérer du sort de Michel Eressie -dirigeant d’un cabinet comptable dans les Hauts-de-France- au regard des conditions de travail qu’il appliquait au sein de son cabinet. L’Ordre reprochait au principal protagoniste de la désormais tristement célèbre « Affaire Nespresso » des conditions de travail jugées déloyales, « à la limite de la légalité » selon Jeanne Frequil, membre du conseil depuis 1991.

Le rapport de la commission, rendu vendredi dans la matinée met en lumière un certain nombre d’avantages donnés aux salariés, aussi inhabituels qu’inconvenants pour la profession :

  • Rémunération systématique des heures supplémentaires
  • Café de marque Nespresso offert gracieusement aux salariés
  • Remplacement immédiat des collaborateurs absents
  • Ecoute des besoins des collaborateurs
  • Remboursement de l’intégralité des frais de déplacement
  • Fourniture de matériel informatique performant
  • Repas et activités d’équipe mensuels
  • Bons cadeaux supérieurs au plafond admis pour tout événement (familial,fêtes…)

« C’est soit les Nespresso, soit les heures sup, mais pas les deux ! »

Pour son comportement qu’il jugeait naïvement « avant-gardiste », Michel Eressie écopera d’un simple blâme de la part du Conseil. Ce verdict très indulgent a immédiatement suscité de vives réactions ; Joseph Lerat, dirigeant d’un cabinet comptable marseillais et présent durant l’audition nous confiait avec une colère non dissimulé : « Oh, hier mes employés ils étaient là : Eh chef…Ils sont où les Nespresso ? {…} Non mais c’est un malade ce mec, comment on fait nous derrière ?  Je ne suis pas Rothschild, c’est soit les Nespresso soit les heures sup mais pas les deux ! »

Au delà de conditions de travail extrêmement favorables, c’est tout un système qui avait été mis en place par le contrevenant ; un de ses employés témoigne : « C’est du jamais vu, le soir je peux rentrer chez moi dés que j’ai fini mon travail sans que mes collègues me demandent si je suis mi-temps {…} les pressions et autres coups de stress extrêmement bénéfiques qui existent dans les cabinets normaux sont absents ici. Pour vous dire, je suis même parti au ski cet hiver avec ma famille, c’est lamentable ! »

Il reste à espérer que cet incident, bien qu’anecdotique, fera jurisprudence au sein de la profession comptable et découragera tout autre idéaliste mal intentioné.


Article rédigé par : Geoffrey Rehel – Envoyé très spécial VDC News

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